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Enfance & petite enfance dans le débat des présidentielles

Extrait du débat des deux candidats concernant l’enfance, l’education, la famille...

(…) Ségolène Royal «  : Je vous parle d’enjeu éducatif pour la nation. Et l’enjeu éducatif pour la nation, pour la présidente de la République que je serai peut-être - je l’espère - , sera mon enjeu principal. Je remettrai l’éducation au coeur de tout et en avant de tout parce que IMG/jpg/sarkozy-royal.jpgc’est là que la République tient la maison France. Je veux que tous les enfants sortent de l’école avec un bagage. Aujourd’hui, ils sont 150.000 à sortir de l’école sans qualification et cela, je veux y mettre fin en aidant les enfants dès le plus jeune âge. C’est pourquoi je mettrai en place d’abord un service public de la petite enfance avant l’âge de 3 ans.
Ensuite, l’école sera rendue obligatoire à partir de l’âge de 3 ans. Je remettrai les emplois jeunes dans le système scolaire parce que je veux éradiquer la violence de l’école et aux abords des établissements scolaires. Je veux enfin que les élèves puissent avoir un soutien scolaire individualisé au moment où ils en ont le plus besoin, que ce soit par les enseignants s’ils sont volontaires, que ce soit par les aides éducateurs qui seront là, que ce soit par un nouveau métier de répétiteur que je créerai, bref, je veux que la présence humaine et la présence d’adultes se renforcent dans les écoles. Je veux ensuite qu’il y ait de l’égalité entre les différents établissements scolaires. Je ne veux plus que certains enfants soient programmés pour échouer, et d’autres pour réussir.
Alors, je veux renforcer les moyens dans les zones d’éducation prioritaire, mais aussi les moyens pour les élèves en difficulté qui ne sont pas dans les zones d’éducation prioritaire. Et c’est pourquoi je crois que la France peut aujourd’hui se payer la dynamique et le principe du soutien individuel aujourd’hui parce qu’il n’y a pas plus grande inégalité entre les enfants qui peuvent se faire aider par leurs parents, qui ont cette chance, et ceux qui ne peuvent pas se faire aider en retour à la maison et qui reviennent le matin avec la peur au ventre parce qu’ils n’ont pas fait leurs devoirs et leurs leçons. Eh bien, tous ces enfants là auront, dès la rentrée prochaine, le soutien scolaire gratuit et individualisé. _ Et les étudiants qui auront les bourses seront invités à donner ce soutien scolaire aux élèves. J’ai vu qu’il y avait des parcours exceptionnels, des réussites extraordinaires, y compris dans les endroits les plus difficiles, parce qu’on a remis notamment de la culture. Il y aune pénurie de culture à l’école. Je veux que la culture revienne dans tous les établissements scolaires, de l’école primaire jusqu’au baccalauréat. Car souvent quand un élève échoue, dans la lecture et dans l’écriture, il peut réussir grâce au théâtre, grâce à l’informatique, grâce justement à ces contournements du système scolaire trop rigide, et à toutes les expériences pédagogiques qui réussissent dans les établissements scolaires parce qu’il y a des enseignants qui sont formidables, qui sont les nouveaux hussards de la République, dans ces quartiers difficiles. Ils pourront demain choisir leurs équipes, ils pourront expérimenter leurs méthodes pédagogiques, ils seront libres pour cela. Et en contrepartie, ils pourront évaluer leurs résultats. En contrepartie, ils auront des dotations horaires pour leur permettre le travail en équipe. Car ce que demandent les enseignants en difficulté, c’est de pouvoir faire le travail en équipe.
Enfin, je veux rapprocher les familles et l’école. J’avais créé, quand j’étais ministre de l’enseignement scolaire, la semaine des parents à l’école. Et tous les établissements scolaires en zone difficile qui ont réussi cette articulation entre la famille et l’école où l’enfant n’entend pas dans la famille critiquer l’école, et n’entend pas à l’école dévaloriser sa famille, à ce moment là, il est restructuré dans une autorité.

Moi, je suis pour une autorité juste, l’autorité parentale, l’autorité à l’école, mais aussi la volonté de faire réussir tous les élèves dans leur diversité. Voilà le défi que je relèverai demain et en particulier dans les quartiers difficiles, là où rien n’a été résolu, là où les subventions n’ont pas été rendues aux associations, là où des classes vont encore fermer à la prochaine rentrée parce que 5000 postes d’enseignants viennent d’être supprimés, et moi je les rendrai dès cet été. La rentrée scolaire, avec moi, se fera à moyens identiques à ceux de la fin de l’année scolaire, et nous mettrons ces emplois d’enseignants là où il y en a le plus besoin. Mais la revendication éducative, dans les quartiers populaires, est considérable. C’est là qu’est la chance des jeunes de demain.
Ma priorité sera de faire deux choses très concrètes : d’abord de diviser les gros collèges ; je ne veux plus qu’un seul collège ait plus de 600 élèves car c’est comme cela qu’un chef d’établissement connaît individuellement ses élèves et fait reculer la violence dans l’établissement scolaire. Et deuxièmement, je ne veux pas plus de 17 élèves par classe car c’est comme cela aussi que l’on peut travailler individuellement avec les élèves. Voilà le défi scolaire que je relèverai et c’est pourquoi je ne veux pas diminuer le nombre d’enseignants, mais au contraire créer un métier nouveau, un métier d’accompagnant, qui fera à la fois le soutien scolaire, qui épaulera les enseignants qui le souhaitent et qui réglera le problème de la violence à l’école et aux abords de l’école.
 »

Nicolas Sarkozy :« Il y a des points d’accord. D’abord, le soutien individuel, c’est ce que j’appelais tout à l’heure les limites du collège unique. Tous les enfants sont différents. Et les enfants qui ont des difficultés, cela ne sert à rien de les faire travailler dans les mêmes conditions, il faut du soutien individuel. Plus de culture à l’école, plus d’enseignants artistiques, oui, je suis tout à fait d’accord. Si vous permettez, j’ajouterai aussi plus de sport. Il ne faut pas opposer l’un à l’autre, mais nos enfants ont besoin de davantage d’enseignement artistique et davantage de sport. La place des familles est centrale, et je souhaite des familles qui signent le règlement intérieur et qui le respectent. Pareil, je veux le dire : je pense que les familles, ce n’est pas simplement un lieu, un réceptacle de droits et d’allocations, quand il y a des familles défaillantes, je souhaite que les allocations familiales puissent être mises sous tutelle. »

Ségolène Royal : « C’est déjà prévu. »

Nicolas Sarkozy : « Je souhaite que ce soit fait. Parce que tout cela est payé avec l’argent de ceux qui travaillent. Lorsqu’une famille a des difficultés, il faut l’aider, il faut la prendre par la main. Mais lorsqu’une famille se sert des allocations familiales pour autre chose que pour éduquer les enfants. Par exemple je veux lutter contre l’absentéisme scolaire, qui est un drame, en donnant des moyens aux mères pour lutter contre cet absentéisme, c’est une question absolument essentielle. Il faut responsabiliser les familles, et rappeler, Mme Royal que dans la République, il n’y a pas que des droits, il y a aussi des devoirs. Je regrette qu’on n’ait pas parlé de la formation technique, de l’apprentissage qui est essentiel. Je souhaite notamment que les filières professionnelles puissent obtenir les mêmes diplômes que les filières générales.
Je souhaite qu’on puisse devenir ingénieur soit par le biais de la filière générale, le bac, soit par le biais de la filière technique, pour qu’on ne dise pas qu’une famille qui met ses enfants dans la filière technique soit condamnée, même si le jeune réussit bien, à ne pas avoir de diplôme supérieur qu’il aurait pu avoir dans l’enseignement général. Je veux mettre le paquet sur l’apprentissage, qui est un élément essentiel.

On aura des divergences sur le service public de la petite enfance. C’est un sujet considérable, quand près de 2 millions d’enfants peuvent avoir une place en crèche ; chacun comprend bien qu’on ne peut pas créer 2 millions de places en crèche. Il y en a près de 350.000. Je souhaite que toutes les femmes aient une solution pour la garde de leurs enfants. C’est la raison pour laquelle je me suis engagé sur quelque chose de très ambitieux, qui est le droit opposable à la garde d’enfant.
Je dis aux Françaises qu’à la fin de mon quinquennat, chacun pourra faire valoir devant les tribunaux le droit de trouver une place pour garder son enfant. Mais pour moi, ce n’est pas simplement la crèche publique. Ce peut être la crèche associative, la crèche d’entreprise, l’emploi à la personne, l’emploi à domicile. Je souhaite d’ailleurs que l’on puisse déduire de ses impôts les salaires et cotisations sociales que l’on paie pour un emploi à domicile. C’est extraordinaire ! Quand une société embauche quelqu’un, elle ne paie pas l’IS sur le salaire de la personne qu’elle emploie. Je ne vois pas pourquoi la famille devrait payer un impôt sur le salaire et les charges qu’elle déclare. Voilà la différence qu’il peut y avoir entre nous sur cette question. »
_
Ségolène Royal : « Les femmes n’auront pas besoin d’aller devant les tribunaux, mais elles auront le service public de la petite enfance sous toutes ses formes ! »

Nicolas Sarkozy : « Vous allez créer 2,3 millions places de crèche ?! »

Ségolène Royal : « Les femmes vont aller devant le tribunal pour demander une place en crèche ? Soyez sérieux ! C’est ce que vous proposez, une société où il faut aller devant la justice pour demander une place en crèche ? Ce n’est pas ma conception de la société. Les femmes ont autre chose à faire que d’aller devant le tribunal. Il faut faire les choses en politique. Ce n’est pas le tribunal. »

Nicolas Sarkozy : « Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante.  »

Ségolène Royal : « Je connais vos techniques. Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime.  »
Nicolas Sarkozy : « Avec vous, ce serait une victime consentante ! »

Ségolène Royal : « Tant mieux, au moins, il y a du plaisir. »

Nicolas Sarkozy : « J’ai trop de respect pour vous pour vous laisser aller au mépris. Les droits opposables sont très importants, ils permettront de passer de la République des droits virtuels à la République des droits réels. »

Ségolène Royal : « J’avais la parole. Je préfère l’action politique efficace, qui fait les choses, plutôt que d’imaginer.  »

Nicolas Sarkozy : « Ce sont des mots. Moi, je m’engage sur un résultat. »

Ségolène Royal : « Les gens vont aller devant les tribunaux alors qu’ils sont déjà débordés et qu’ils ont autre chose à faire ? Ce n’est pas sérieux ! » (...)